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ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Depuis quelques temps je m'interresse de plus en plus à la littérature asiatique, le fait que ma belle famille, mon chéri soit chinois y es sûrement pour quelque chose je l'avoue. Depuis bientôt deux mois, la majorité de mes achats livres, sont de la littérature asiatique.

Dans cet article, je vais vous présenter les quelques (enfin une petite vingtaine, c'est plus quelques) livres que je me suis acheter, peut-être aurez-vous aussi envie de les lire et de vous mettre à l'heure asiatique.

LA MERE - Pearl Buck

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivaine américaine

Bon Ok, Pearl Buck, n'est pas d'origine chinoise mais y a vécu dès l'âge de trois mois et a parlé le mandarin avant de parler l'anglais. La plupart de ses livres parlent de la Chine, de la vie, de la culture chinoise ... Donc on l'accepte dans cet article.

Résumé

La vie quotidienne d'une paysanne chinoise avant la Révolution.

Avec les mots du coeur, et un sens aigu du détail, Pearl Buck nous retrace cette existence pathétique où s'affirme à travers la souffrance et le désespoir la noblesse secrète des pauvres et des humiliés.

Ils se contemplèrent dans ce crépuscule. Deux êtres en plein songe, désespérément acculés à ce qu'il n'était plus dans leur pouvoir d'éviter ; ils se préparèrent à ce qui devait arriver.
Cependant la femme hésita un instant. Elle sortir de son rêve et aperçut les trois dieux dans le sanctuaire ; le plus grand, un grave vieillard, regardait droit devant lui, et à côté se trouvaient ses deux acolytes, d'honnêtes petits dieux au bord de la route, placés là pour ceux qui s'arrêtent dans leur chemin afin d'adorer ou de s'abriter. Elle prit le vêtement qu'elle venait de retirer et le lança sur leurs têtes, voilant leurs yeux fixes.

Extrait

(...) la mère attendait que sa douleur vint en montée de larmes, soulager son coeur brisé. Elle repassa sa vie, elle songea à ses morts et au peu de joie dont elle pouvait se souvenir après tant d'années, et son chagrin monta en elle ; elle s'y abandonna, sans colère, sans lutte, elle permit à la douleur de l'envahir à sa guise et elle en prit sa pleine mesure. Elle se laissa broyer contre la terre même, elle se sentit inondée par cette douleur qu'elle acceptait, et, tournant sa face contre le ciel, elle cria dans son agonie : "Ai-je enfin expié ? Ne suis-je pas assez punie? "

Extrait

Sa mère, debout, la regardait partir, le coeur souffrant d'une douleur impossible à concevoir ; les pleurs coulaient de ses yeux et cependant elle ne voyait pas de quelle autre manière elle aurait pu agir. Elle demeura immobile jusqu'à ce que la montagne s'élevât entre sa fille et elle, la cachant à ses yeux.

Extrait

La vieille revenait de si loin que ses enfants lui avaient acheté le meilleur cercueil possible et le tenaient tout prêt. Mais elle était si résistante qu'elle avait usé deux costumes destinés à son ensevelissement. La mère en était heureuse. Dans le bourg cette longue vie qui ne voulait pas finir devenait sujet à plaisanterie. Selon la coutume de la contrée, l'aïeule portait, sous sa veste bleue, une casaque rouge, que sa bru lui avait faite pour l'enterrer. La vieille était parvenue à user la première, à la réduire en loques, si bien qu'incommodée elle avait dû se plaindre à la mère afin d'en obtenir une neuve, qu'elle revêtit joyeusement. Si on lui criait à présent : "Êtes-vous encore de ce monde, bonne vieille?" Elle répondait de sa petite voix flûtée : "Oui, je suis dans mes beaux vêtements mortuaires. Je les use, et qui sait combien j'en userai encore!"

Extrait

Elle savourait sa vie : enfanter, travailler la terre, manger, boire et dormir, balayer et mettre un peu d'ordre dans sa maison, s' entendre louer par les autres femmes pour son adresse au travail, ses talents de couture, et même se quereller avec son mari, ce qui aiguisait leur amour, autant de jouissances pour elle ; c'est pourquoi, chaque matin, elle se réveillait avec entrain.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

LE RADIS DE CRISTAL - MO Yan

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain chinois,

Le 11 octobre 2012, MO Yan a reçu le prix Nobel de littérature.

Résumé

Deux des plus célèbres récits de l'auteur du Clan du sorgho.

Mais le " Noiraud " du Radis de cristal semble tout droit sorti d'un conte mystérieux. Dans l'univers fruste d'une campagne chinoise, un enfant vagabond qui ne communique jamais par la parole s'émeut d'une caresse, d'un crépitement, de brèves émotions furtives : à travers son regard, les sons, les odeurs, les matières et les couleurs prennent une intensité poétique poignante. En un monde d'adultes terre à terre, les descriptions de Mo Yan sont encore plus chamelles et émouvantes et les rapports entre les humains décrits dans leur plus grande tendresse comme dans leur plus grande cruauté.

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

RU - Kim Thuy

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivaine Canadienne originaire de Saigon au Vietnam

Résumé

Une femme voyage à travers le désordre des souvenirs : l'enfance dans sa cage d'or à Saigon, l'arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam apeuré, la fuite dans le ventre d'un bateau au large du golfe de Siam, l'internement dans un camp de réfugiés en Malaisie, les premiers frissons dans le froid du Québec. Récit entre la guerre et la paix, ru dit le vide et le trop-plein, l'égarement et la beauté. De ce tumulte, des incidents tragi-comiques, des objets ordinaires émergent comme autant de repères d'un parcours. En évoquant un bracelet en acrylique rempli de diamants, des bols bleus cerclés d'argent ou la puissance d'une odeur d'assouplissant, Kim Thúy restitue le Vietnam d'hier et d'aujourd'hui avec la maîtrise d'un grand écrivain.

Mes parents nous rappellent souvent, à mes frères et à moi, qu'ils n'auront pas d'argent à nous laisser en héritage, mais je crois qu'ils nous ont déjà légué la richesse de leur mémoire, qui nous permet de saisir la beauté d'une grappe de glycine, la fragilité d'un mot, la force de l'émerveillement. Plus encore, ils nous ont offert des pieds pour marcher jusqu'à nos rêves, jusqu'à l'infini.

Extrait

On oublie souvent l’existence de toutes ces femmes qui ont porté le Vietnam sur leur dos pendant que leur mari et leurs fils portaient les armes sur les le leur. On les oublie parce que sous leur chapeau conique, elles ne regardaient pas le ciel. Elles attendaient seulement que le soleil tombe sur elles pour pouvoir s’évanouir plutôt que s’endormir. Si elles avaient pris le temps de laisser le sommeil venir à elles, elles se seraient imaginé leurs fils réduits en mille morceaux ou le corps de leur mari flottant sur une rivière telle une épave. Les esclaves d’Amérique savaient chanter leur peine dans les champs de coton. Ces femmes, elles, laissaient leur tristesse grandir dans les chambres de leur cœur. Elles s’alourdissaient tellement de toutes ces douleurs qu’elles ne pouvaient plus redresser leur échine arquée, ployée sous le poids de leur tristesse.

Extrait

Pendant longtemps j’ai cru que ma mère prenait un plaisir fou à me pousser constamment au bord du précipice……j’ai compris plus tard que ma mère avait certainement des rêves pour moi, mais qu’elle m’a surtout donné des outils pour me permettre de recommencer à m’enraciner, à rêver.

Extrait

Mes parents nous rappellent souvent, à mes frères et à moi, qu’ils n’auront pas d’argent à nous laisser en héritage, mais je crois qu’ils nous ont déjà légué la richesse de leur mémoire, qui nous permet de saisir la beauté d’une grappe de glycine, la fragilité d’un mot, la force de l’émerveillement. Plus encore, ils nous ont offert des pieds pour marcher jusqu’à nos rêves, jusqu’à l’infini.

Extrait

Grâce à l'exil, mes enfants n'ont jamais été des prolongements de moi, de mon histoire. Ils s'appellent Pascal et Henri et ne me ressemblent pas. Ils ont les cheveux clairs, la peau blanche et les cils touffus. je n'ai pas éprouvé le sentiment naturel de la maternité auquel je m'attendais quand ils étaient accrochés à mes seins à trois heures du matin, au milieu de la nuit. l'instinct maternel m'est venu beaucoup plus tard, au fil des nuits blanches, des couches souillées, des sourires gratuits, des joies soudaines.
C'est seulement à ce moment-là que j'ai saisi l'amour de cette mère assise en face de moi dans la cale de notre bateau, tenant dans ses bras un bébé dont la tête était couverte de croûtes de gale puantes. J'ai eu cette image sous les yeux pendant des jours et peut-être aussi des nuits.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

MEMOIRES D'UNE GEISHA - INOUE Yuki

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain Japonais

A propos de l'auteur

Yuki Inoue est l'auteur du roman Les Mémoires d'une geisha sorti en 1980. Son roman ne doit pas être confondu avec Mémoires d'une geisha de Arthur Golden, adapté au cinéma.

Résumé

Née en 1892, vendue à l'âge de huit ans, Kinu Yamaguchi fera l'apprentissage du dur métier de geisha. C'est un peu l'envers du décor qu'elle raconte : avant de porter le kimono de soie, il lui faudra vivre un apprentissage rigoureux, étudier tous les arts de divertissement et endurer pour cela privations, exercices physiques traumatisants, soumission aux coups sous les ordres de la " Mère " et des " grandes sœurs ". Après son initiation sexuelle, elle s'enfuira, puis reviendra vivre dans le " quartier réservé " avant de devenir elle-même patronne d'une maison de geishas.

Récit bouleversant, description édifiante de la vie de tous les jours dans l'intimité d'une okiya, avec ses cérémonies, ses coutumes, ses fêtes et ses jeux. On y entend des histoires de plaisirs, de chagrins, de courage aussi, qui éclairent sous un jour nouveau ce monde fermé sur lequel l'Occident ne cesse de s'illusionner.

Ce témoignage décrivant l’existence d’une geisha est authentique. Kinu avait plus de 80 ans lorsque Yuki Inoue a recueilli le récit de sa vie.

Une geisha avait beau vendre sa virginité et se prostituer, il lui était interdit de donner son cœur au client et de l'aimer.

Extrait p.190

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

LA PORTE - SÔSEKI

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain Japonais

Résumé

On croit d'abord plonger avec délices dans l'intimité d'un couple sans histoires, assez bien résigné à sa paisible médiocrité et peu à peu, dans le cours de ces vies ordinaires, avec leurs méprises quotidiennes, leurs mouvements secrets et leur élans de faible amplitude, Sôseki dessine un admirable portrait de couple.

Mais les personnages de Sôseki ne passent guère les portes auxquelles ils penvent timidement heurter : ils rêvent d'affirmer un individualisme qu'ils n'ont pas la force d'assumer et, pétris de remords, incapables de parler à ceux qu'ils aiment, ils s'abandonnent à une triste résignation que l'auteur sait mieux que quiconque dépeindre avec une profondeur et une sincérité magistrales.

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

JE VEUX DEVENIR MOINE ZEN - MIURA Kiyohiro

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain Japonnais

A propos de l'auteur

Né le 10 septembre 1930, Kiyohiro Miura a reçu le prix Akutagawa en 1988 pour son roman largement autobiographique Je veux devenir moine zen.

Résumé

Un livre comme un koân zen : d'une simplicité désarmante, il raconte avec allégresse et un humourdévastateurs comment la décision d'un petit garçon de devenir moine zen va bousculer toutes les certitudes de ses parents, changer leur rapport au monde et les éveiller malgré eux à des vérités qu'ils n'avaient jamais soupçonnées.

Marcher, prendre le train, jouer avec un enfant, voilà le zen. Il n'y a rien dans le monde qui ne soit zen. Rien qui ne soit Koan. C'est la pensée fondamentale de Dôgen, la vérité en tout chose.

Extrait

Ce que je n'ai pas réussi à mener à bien hier, j'ai pu le faire aujourd'hui. Et c'est peut-être ça la joie...
[...]L'homme est capable en toute circonstance de découvrir la joie. La vie est une accumulation de petites joies. Plutôt que de la joie, il conviendrait peut-être mieux de parler de reconnaissance. Par comparaison, aimer l'autre sexe ou gagner à la loterie sont des joies infiniment pplus aléatoires. Plus la joie est forte, plus elle est de courte durée et il est impossible de miser dessus.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

TROIS SOEURS - BI Feiyu

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain chinois

A propos de l'auteur

Né en 1964 à Xinghua dans la province du Jiangsu. BI Feiyu passe son enfance et sa jeunesse à la campagne. Il commence à écrire très tôt, d’abord des poèmes, ensuite des nouvelles et romans, dont plusieurs ont été couronnés par des prix littéraires. C'est un des écrivains les plus prometteurs de la jeune génération.

Il a reçu le Man Asian Prize 2010 pour Trois soeurs

Résumé

Ce roman truculent où la tragédie prend souvent les couleurs de la farce est un roman sur le pouvoir, ce démon de la domination des autres qui possède les hommes. Que ce soit dans le village de la Famille Wang, à la vie rythmée par les travaux des champs et bruissant des slogans de la Révolution culturelle, ou dans le Pékin des années quatre-vingt, personne ne se résigne à n'être qu'une vague de l'océan infini du peuple. Si Bi Feiyu se rit souvent de la pitoyable veulerie des hommes, il s'attache avec une attention quasi amoureuse, et une capacité d'identification surprenante, aux figures de trois femmes, trois sœurs qui usent de toutes leurs armes pour modifier le cours de leur destin, dans une Chine qui ne leur appartient pas. Yumi la dignité, Yuxiu la séduction, Yuyang le désir de réussite. Ce sont des âmes fortes et passionnées, qui tentent avec la détermination d'assurer leur pouvoir sur ce monde et sur leur propre corps, que l'auteur a choisi de regarder longtemps, avec une pertinence sensible qui fait sonner juste la corde du cœur.

Or, le sentiment d'humiliation est une chose étrange: plus on l'enfouit profondément, plus ses dents s'aiguisent et plus ses morsures deviennent douloureuses.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

LE CHAT QUI VENAIT DU CIEL - HIRAIDE Takashi

Ecrivain japonais

résumé

Voici un roman touché par la grâce, celle d'un chat "si petit et si frêle qu'on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobiles à l'extrême".

Quand un jeune couple emménage un jour dans le pavillon d'une ancienne demeure japonaise, il ne sait pas encore que sa vie va s'en trouver transformée. Car cette demeure est entourée d'un immense et splendide jardin, et au cœur de ce jardin, il y a un chat. Sa beauté et son mystère semblent l'incarnation même de l'âme du jardin, gagné peu à peu par l'abandon, foisonnant d'oiseaux et d'insectes. Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour surgir inopinément, grimpe avec une rapidité fulgurante au sommet des pins gigantesques, frappe à la vitre pour se réconcilier après une brouille. Un charme menacé, car ce qui éveille en nous la beauté et appelle le bonheur est toujours en sursis...

Hiraide Takashi, qui est avant tout poète, a insufflé une lumineuse et délicate magie à cette histoire du "chat qui venait du ciel", son premier roman, largement autobiographique.

« C'est notre chat ! » disait alors ma femme, sachant pertinemment que ce n'était pas vrai. Elle le couvait des yeux, persuadée que c'était un don que le ciel lui avait fait.

Extrait

Ce Chibi était une merveille : la robe blanche parsemée de taches rondes d'un gris noir légèrement nuancé de marron clair comme il est fréquent d'en voir au Japon, il était mince et élancé, et réllement tout petit.

Ce qui le différenciait des autres chats, c'était précisément son extrème minceur, si petit et si frêle qu'on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobiles à l'extrème. En dehors de cette particularité, on se rendait compte immédiatement qu'il n'était pas du genre à se frotter aux jambes d'un humain. [...]

L'attention qu'il portait aux choses se déplaçait avec une rapidité étonnante, caractéristique qu'il n'a pas perdue, même en grandissant. Etait-ce le fait de jouer seul la plupart du temps dans l'immense jardin qui lui avait appris à réagir avec vivacité aux insectes et aux lézard. J'avais presque fini par croire qu'il était sensible aux métamorphoses invisibles du vent ou la lumière. Car s'il est courant d'observer ce trait chez les chatons, les réactions de Chibi étaient d'une acuité sans pareille.

Extrait

Depuis que le chat n'y venait plus, le jardin s'était transformé en un paysage sans charme. Je fus stupéfait de constater à quel point l'oeil était capable de parer de couleurs un paysage ou bien de les lui ôter.

Extrait

Une grive s'envola du sommet de l'orme de la maison voisine à l'est, fit entendre son cri strident et s'enfuit. Surprise, la libellule s'éloigna du doigt, tournoya quelques instants haut dans le ciel au-dessus du jardin. J'ai continué à pointer le doigt vers le ciel, et j'ai attendu. Bientôt, après avoir voltigé à deux mètres environ au-dessus de ma tête, elle revint se poser sur mon doigt, comme pour d'y installer.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

UN CRI D'AMOUR AU CENTRE DU MONDE - Kyoichi KATAYAMA

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain japonais

Résumé

Sakutaro et Aki tombent amoureux alors qu'ils sont adolescents. Aki meurt d'une leucémie et le jeune homme doit faire face au deuil, à l'absence de l'être aimé. Avec les parents de la jeune fille, il part en Australie pour éparpiller ses cendres selon la volonté de son amie. Durant cette épreuve, le jeune homme sera soutenu par son grand-père qui a connu une expérience similaire.

Je fus alors saisi d'une certitude terrible. Aussi longtemps que je vivrais, je ne voulais pas être plus heureux que maintenant. Je ne voulais aspirer qu'à une chose: tenter de conserver ce bonheur précieusement aussi longtemps que possible. Car j'étais effrayé par ce que je ressentais. Si la quantité de bonheur attribué à chacun d'entre nous est limitée, alors j'étais peut-être en train de dépenser la part de toute ma vie.

Extrait

Une vie menée dans la solitude est une vie longue et ennuyeuse. Lorsque nous la menons à deux, le moment de nous séparer survient sans que nous ayons vu le temps passer.

Extrait

Le temps passait atrocement vite. Le bonheur était comme ces nuages qui se transformaient à chaque instant, passant du scintillement de l'argent à la grisaille de la cendre sans jamais se fixer dans un état, quel qu'il soit. Même les moments les plus lumineux de la vie n'étaient pas moins passagers qu'un caprice, pas moins éphémères qu'un jeu d'enfant. Ils s'évanouissaient avec la rapidité de l'éclair.

Extrait

La séparation et l'absence ne sont pas tristes en tant que telles. C'est parce que des sentiments préexistaient que la séparation est déchirante, que nous gardons le regret de la personne disparue, qu'il nous est si difficile de surmonter notre chagrin. Mais par là même, la douleur et le chagrin ne sont qu'une manifestation unilatérale de la profondeur de l'amour que nous portions à cet être.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

LES SERVANTES D'AUBERGE - Yasunari KAWABATA

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain japonais

Résumé

Ici, la vie quotidienne de jeunes prostituées, pensionnaires d'une maison close dans une petite ville d'eaux ; là, les errances intérieures d'une femme frigide ; mais aussi, les vicissitudes sentimentales d'un homme obsédé par l'image d'une morte. Trois récits, trois nouvelles qui se développent sur trois registres littéraires différents et qui témoignent des grandes orientations de l'oeuvre de Kawabata. La subtile peinture des sentiments et des sensations dans Illusions de cristal. La poésie et la palette colorée des saisons dans Les Servantes d'auberge. Les tours inquiétants d'une passion étrange dans Le Pourvoyeur de cadavres.

Un quatrième texte accentue la singularité du recueil. Une page folle est le texte d'un scénario que Kawabata écrivit en 1926 et qui fut tourné la même année par le réalisateur Kinugasa Teinosuké.

Le bruit de la clochette qui accompagnait les hymnes bouddhistes lorsqu'elle était enfant, à son village natal. Les supplications pour sauver une femme. Les cloches de l'église. Le son de la cloche, au crépuscule, qui descend du temple sur la montagne jusqu'à la mer. La cloche de l'école qui annonce la fin des cours. La clochette du collier du chien dont le tintement s'est arrêté avec la jouissance ultime.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

LA TOMBE DES LUCIOLES - NOSAKA Akiyuki

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain japonais

Résumé

C'est avec ces deux récits admirables et particulièrement bouleversants, couronnés en 1968 par le prix Naoki, l'une des plus hautes distinctions littéraires, que Nosaka conquit la notoriété. Peu de temps auparavant, Mishima avait applaudi à son premier roman : "Les Pornographes", roman scélérat enjoué comme un ciel de midi au-dessus d'un dépotoir.

La Tombe des lucioles, visionnaire et poignant : l'histoire d'un frère et d'une soeur qui s'aiment et vagabondent dans l'enfer des incendies tandis que la guerre fait rage et que la faim tue. Voici une prose étonnante, ample, longue, proustienne dans le sens qu'elle réussit à concentrer en une seule phrase des couleurs, odeurs et dialogues, mais prose très violente, secouée de mots d'argot, d'expressions crues, qui trouvent ici une beauté poétique et nouvelle, d'images quasi insoutenables - prose parcourue d'éclairs (Diane de Margerie).

Tard dans la nuit tout était consumé, il ne s'y retrouvait pas dans la nuit pour ramasser les ossements, aussi n'insista-t- il pas et se coucha-t-il à côté du trou; tout autour c'était une nuée incalculable de lucioles mais il ne fit même pas un geste pour en prendre dans sa main... Comme ça elle se sentirait quand même moins seule, Setsuko... Puisqu'y avait des lucioles avec... Et ça montait, et ça redescendait, puis ça filait ailleurs... Mais les lucioles c'était pareil, bientôt elles seraient plus là... Pourvu qu'elle parte alors avec les lucioles, Setsuko, au paradis...

Extrait

Cet étudiant , au visage tendu, adressant un jour dans le tramway bondé la parole à deux soldats près de lui..."What do you think of Japan ?", l'un haussa les épaules et l'autre lui répondit en le regardant dans le blanc des yeux ;"Half good , half bad " , le garçon acquiesça d'un air aussi sérieux que si on venait de lui asséner un axiome philosophique , avant de saisir la tablette de chewing-gum que lui tendait le premier, de la rouler comme une cigarette entre ses doigts et de se l'engouffrer dans la bouche .Tous les passagers , dévorés d"envie , suivaient son manège sans rien en perdre...Mais pourquoi donc les soldats Américains éprouvaient -ils ce besoin de distribuer leurs cigarettes et leurs chewing-gums au premier venu ? Par peur d'être chez leur ennemi de la veille ? Etait-ce de la pitié pour des estomacs vides ? C'est pourtant pas le chewing-gum qui calme un ventre .

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

GIBIERS D'ELEVAGE - Kenzaburô ÔE

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain japonais

Résumé

En pleine guerre, un avion américain s'écrase dans les montagnes japonaises. Le rescapé est aussitôt fait prisonnier par les villageois. Or il est noir...

Aux yeux du jeune enfant naïf et émerveillé qui raconte cet épisode, sa nationalité, sa race, sa langue n'en font pas un étranger ou un ennemi, mais une simple bête dont il faut s'occuper.

Un extraordinaire récit classique, une parabole qui dénonce la folie et la bêtise humaines.

Un gamin du village voulut me contourner pour aller regarder par le soupirail : un coup de pied dans les reins décoché par Bec-de-Lièvre lui arracha des cris de douleur. Bec-de-Lièvre s'était d'ores et déjà arrogé le pouvoir d'accorder ou non le droit de regarder par le soupirail : et il montait une garde jalouse pur interdire à quiconque de porter atteinte à cette prérogative.

Extrait

Les bras passés autour des genoux, le menton reposant même, un peu plus bas, sur ses longues jambes, l'homme leva vers moi des yeux injectés de sang, des yeux huileux dans la viscosité desquels on se sentait pris. Tous mon sang se porta d'un coup à mes oreilles et je devins rouge comme un coq. (...) Les yeux à demi fermés, j'avançais droit devant moi et posai le panier de victuailles devant le soldat noir.

Extrait

Allongé sur le sol transpirant de la cave, le noir était en train de chanter à mi-voix, de sa voix grave, un chant qui nous prenait étrangement aux entrailles, un chant plein de sanglots et de cris étouffés qu’on sentait prêts à fondre sur nous.

Extrait

- On ne pourrait pas continuer à le garder comme ça au village ? dis-je. Est-ce que tu le crois dangereux.
Ma question se heurta à un mutisme délibéré. Je revécus intérieurement ma surprise et mon effroi de la veille au soir, quand on avait ramené le nègre au village. Que pouvait-il faire, à cette heure, dans sa cave ? S’il s’échappait de son trou, massacrait tous les habitants et les chiens du village, et mettait le feu aux maisons ? Un frisson de terreur parcourut tout mon corps, et je m’efforçai de ne plus penser à cela.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

LA BALLADE DE L'IMPOSSIBLE - Haruki MURAKAMI

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain japonnais

Résumé

Dans un avion, une chanson ramène Watanabe à ses souvenirs. Son amour de lycée pour Naoko, hantée comme lui par le suicide de leur ami, Kizuki. Puis sa rencontre avec une jeune fille, Midori, qui combat ses démons en affrontant la vie. Hommage aux amours enfuies, le premier roman culte d'Haruki Murakami fait resurgir la violence et la poésie de l'adolescence.

Œuvre d'une ampleur exceptionnelle, placée sous le parrainage de Salinger et Fitzgerald, La Ballade de l'impossible est le livre qui a révélé Haruki Murakami. Un superbe roman d'apprentissage aux résonances autobiographiques, dans lequel l'auteur fait preuve d'une tendresse, d'un charme poétique et d'une intensité érotique saisissants. Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : " Norwegian Wood ". Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît...

Si je t'ai blessé, c'est que ta blessure est aussi la mienne. Alors, ne m'en veux pas. Je suis un être inachevé. Bien plus que tu ne le crois.

Extrait

Je voudrais que tu te souviennes de moi. Je voudrais que tu n'oublies jamais que j'ai existé et que je me suis trouvée ainsi à tes côtés.

Extrait

Quand je n'arrivais vraiment pas à m'endormir, j'imaginais ses différentes silhouettes. Je ne pouvais pas faire autrement. Parce que trop de souvenirs d'elle se bousculaient en moi, et que ces souvenirs tentaient obstinément de sortir par la moindre ouverture. Et je n'arrivais pas à endiguer leur flot.

Extrait

Je me demande s’il n’y a pas à l’intérieur de mon corps un endroit sombre, une contrée lointaine où mes souvenirs les plus importants s’entassent pour donner de la vase.

Extrait

Ce n'était pas mon bras qu'elle cherchait mais un bras. Ce n'était pas ma chaleur qu'elle cherchait mais une chaleur. J'étais gêné de n'être que moi.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

HISTOIRE DE MA VIE - Lao SHE

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain chinois

Résumé

Avec une simplicité poignante traversée d'humour, un vieux Chinois raconte sa vie : abandonné par sa femme qui lui laisse leurs deux enfants, il a dû quitter son échoppe d'artisan pour s'engager dans la police où il est resté vingt ans avant d'être renvoyé. Il a assisté à la fin de l'Empire, au soulèvement des soldats, au changement de régime et aux premières années de la République. Les rues de Pékin prennent vie, toute une foule d'artisans, de commerçants, de policiers et de soldats s'anime dans les derniers feux d'un monde qui va disparaître. L'auteur de la grande fresque historique Quatre générations sous un même toit retrace dans cet émouvant récit le désarroi d'un homme vieillissant face au monde qui change.

Pour un jeune dandy, il n'y a sans doute rien de plus redoutable que d'avoir à épouser un laideron. Prenant les devants, j'avais incidemment laissé entendre à mes parents que je préférais rester célibataire, plutôt qu'épouser une fille qui ne me conviendrait pas. A l'époque, il n'était pas encore question de se marier librement, mais on avait déjà la possibilité de se voir entre fiancés avant le mariage. J'exigeai donc une entrevue personnelle au préalable et refusai de me fier aveuglémént aux belles paroles de l'intermédiaire habituel en pareilles circonstances.
Je me suis marié l'année même de mes vingt ans et ma femme avait une année de moins que moi.

Extrait

Mais, pour ce qui est d'avoir des enfants, le mérite du mari est plutôt mince ! Lorsqu'il est de bonne humeur, il prend le bébé dans ses bras et joue avec lui un instant; mais tous les ennuis sont pour la femme.
Quand on n'est pas un imbécile, c'est un chose qu'on peut saisir sans attendre que quelqu'un vous le dise.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

EPOUSES ET CONCUBINES - Su TONG

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain chinois

Résumé

La Chine du Nord, dans les années 20. Songlian, belle étudiante de dix-neuf ans dont la famille est ruinée, accepte de devenir la quatrième épouse du riche Chen Zuoqian. Dans le huis-clos de sa nouvelle demeure, une seule loi, la séduction : la favorite de la nuit régente, le jour, la vie de la maison. Songlian, l'indépendante, sera-t-elle victime ou complice du système féodal qui commande en ces lieux ? Passion, possession et pouvoir colorent de feu et de sang ce ballet de charme, où les quatre épouses et concubines se livrent une danse à mort pour le plaisir du maître. Un livre ramassé, fiévreux, où Su Tong, porte-parole de la nouvelle génération renoue, paradoxalement, avec la Chine ancienne. Un regard moderne qui évoque néanmoins les classiques, de Fleur en fiole d'or à Rêve dans le pavillon rouge.

Chen zuoqian regardait par la fenêtre la rue sous la bruine, le coeur empli de curiosité mais aussi d'une certaine émotion, comme il n'en avait jamais ressenti lors de ses trois mariages précédents.
Lorsqu'il aperçut songlian approcher d'un pas nonchalant, en s'abritant sous un parapluie de soie à petites fleurs, chen zuoqian avait souri d'un air satisfait. elle était aussi belle et fraîche que ce qu'il avait imaginé, et si jeune !

Extrait

Parler, parler, comme c'est ennuyeux! Il s'agit toujours de mensonges et tromperies! Les gens, dès qu'ils se mettent à causer, deviennent fourbes et sournois.

Extrait

Au théâtre, l'acteur qui joue bien son rôle abuse les autres, mais celui qui joue mal ne trompe que lui-même!

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

BAGUETTES CHINOISES - XINRAN

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivaine chinoise

Résumé

"Je vais leur montrer, moi, à tous ces villageois, qui est une baguette et qui est une poutre !"

C'est ce cri qui a donné envie à Xinran d'écrire cette histoire. Celle, lumineuse, chaleureuse, émouvante, de trois soeurs qui décident de fuir leur campagne et le mépris des autres, pour chercher fortune dans la grande ville.

Soeurs Trois, Cinq et Six n'ont guère fait d'études, mais il y a une chose qu'on leur a apprise : leur mère est une ratée car elle n'a pas enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu'un numéro pour prénom. Les femmes, leur repète leur père, sont comme des baguettes : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont des poutres solides qui soutiennent le toit d'une maison.

Mais quand les trois soeurs quittent leur foyer pour chercher du travail à Nankin, leurs yeux s'ouvrent sur un monde totalement nouveau ; les buildings et les livres, le trafic automobile, la liberté de moeurs et la sophistication des habitants...

Trois, Cinq et Six vont faire la preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l'argent va arriver au village, leur père sera bien obligé de réviser sa vision du monde.

C'est du coeur de la Chine que nous parle Xinran. De ces femmes qui luttent pour conquérir une place au soleil. De Nankin, sa ville natale, dont elle nous fait voir les vieilles douves ombragées de saules, savourer les plaisirs culinaires et la langue truculente de ses habitants. Et d'un pays, la Chine, que nous découvrons par les yeux vifs et ingénus des trois soeurs, et qui nous étonne et nous passionne car nous ne l'avions jamais vue ainsi.

A ton avis, Six,pourquoi nos deux oreilles se trouvent-elles de chaque côté de notre tête? C’est pour nous permettre d’entendre ce qui vient à la fois de droite et de gauche, car ce ne sont pas forcément les mêmes sons. De même, certaines choses existent et ça ne veut pas dire pour autant que tu les vois, ou que tu les voies telles qu’elles sont vraiment.

Extrait

L'argent peut acheter un lit mais pas une bonne nuit de sommeil.
L'argent peut acheter une maison mais pas une famille.
L'argent peut acheter de la nourriture mais pas le bon goût.
L'argent peut acheter des machines pour entretenir le corps mais pas la santé.
L'argent permet de faire du commerce mais pas de s'acheter des amis.
L'argent peut acheter un titre mais pas l'ambition.

Extrait

Ainsi, la première fois qu'elle était allée aux toilettes chez ses patrons, Trois s'était trouvée dans le plus grand dilemme face à un siège dont elle ignorait l'usage, quand chez elle un simple trou à ras du sol permettait de s'exonérer. Dans l'urgence, elle avait fini par sauter à pieds joints sur le siège pour s'y accroupir. La chose faite, la chasse d'eau posa une autre énigme que toute sa réflexion ne put résoudre. Elle referma la porte et retourna avec Wang Tong au restaurant, sans souffler mot. Le soir, à son retour à la maison, le couple fut saisi par l'odeur nauséabonde qui avait envahi les lieux. En ouvrant la porte des toilettes, il découvrit deux empreintes de pas sur le siège et un magnifique étron qui flottait à la surface de l'eau. Guan Buyan manqua de perdre connaissance et s'en prit aussitôt à sa femme : comment avait-elle pu oublier de montrer à la simplette l'usage de ces commodités ? Wang Tong, beaucoup plus indulgente, se contenta de nettoyer en silence et ce ne fût que plusieurs semaines plus tard, quand Trois revient chez elle, qu'elle lui montra comment s'asseoir convenablement sur le siège. Trois, embarrassée, prit tout à coup conscience de la mauvaise « impression » qu'elle avait dû laisser lors de son premier passage dans cette demeure immaculée et si délicatement parfumée.

Extrait

MESSAGES DE MERES INCONNUES - XINRAN

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!
Résumé

Une fois de plus, Xinran nous emmène au coeur de la vie des femmes chinoises étudiantes, femmes d affaires, sages-femmes, paysannes toutes hantées par des souvenirs qui ont marqué leur vie d une empreinte indélébile. Que ce soit à cause de la politique de l enfant unique, de traditions séculaires destructrices ou de terribles nécessités économiques, des femmes ont été contraintes de donner leurs filles en adoption, d autres ont dû les abandonner dans la rue, aux portes des hôpitaux, dans les orphelinats ou sur des quais de gare , à d autres encore, on a enlevé leurs petites filles à peine nées pour les noyer. Ces récits, Xinran n avait jusqu à présent jamais pu se résoudre à les rapporter ils étaient trop douloureux et la touchaient de trop près. À toutes les petites Chinoises qui ont été adoptées à l étranger, ce livre adresse un message poignant, pour leur montrer ce que leurs mères ont réellement vécu et pour leur dire qu elles ont été aimées et ne seront jamais oubliées.

[…] de tout temps, les Chinoises n’ont jamais eu le droit de raconter leur propre histoire. Elles vivaient au dernier échelon de la société, on exigeait d’elles une obéissance absolue, et elles n’avaient aucun moyen de se construire une vie à elles. C’était devenu tellement « normal » que la plupart des femmes ne souhaitaient que deux choses – ne pas enfanter de fille dans cette vie-ci et ne pas renaître femme dans la prochaine.

Extrait

Mon enfant bien-aimée,
La pluie qui te touche, ce sont mes larmes,
Le vent qui te caresse, c’est ma main
La lumière du jour, c’est mon regard veillant sur toi
La nuit, c’est moi qui berce tes rêves.

Extrait

FUNERAILLES CELESTES - XINRAN

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!
Résumé

Funérailles célestes est une histoire d'amour et de perte, de loyauté et de fidélité au-delà de la mort. Xinran dresse le portrait exceptionnel d'une femme et d'une terre, le Tibet, toutes les deux à la merci du destin et de la politique. En 1956, Wen et Kejun sont de jeunes étudiants en médecine, remplis de l'espoir des premières années du communisme en Chine. Par idéal, Kejun s'enrôle dans l'armée comme médecin. Peu après, Wen apprend la mort de son mari au combat sur les plateaux tibétains. Refusant de croire à cette nouvelle, elle part à sa recherche et découvre un paysage auquel rien ne l'a préparée - le silence, l'altitude, le vide sont terrifiants. Perdue dans les montagnes du nord, recueillie par une famille tibétaine, elle apprend à respecter leurs coutumes et leur culture. Après trente années d'errance, son opiniâtreté lui permet de découvrir ce qui est arrivé à son mari... Quand Wen retourne finalement en Chine, elle retrouve un pays profondément changé par la Révolution culturelle et Deng Xiaoping. Mais elle aussi a changé : en Chine, elle avait toujours été poussée par le matérialisme ; au Tibet, elle a découvert la spiritualité.

Selon Zhuoma, il n'y avait que deux saisons, l'été et l'hiver, car le printemps et l'automne étaient très courts au Tibet. Mais ce printemps-là fut une longue saison dans la vie de Wen ; elle passa de nombreuses nuits sans dormir, à penser à Kejun et à se demander ce que serait son avenir. Elle ne se voyait pas continuer à vivre dans des conditions aussi dures, ni apprendre une langue qui lui semblait tout à fait impénétrable.

Extrait

Il y a un proverbe tibétain qui dit:"Le beurre de yak est un bien qui dure plus longtemps qu'un fils",parce qu'un yak appartient à la famille,mais un fils peut aisément partir pour le monastère.

Extrait

Les hommes font partie de la nature, a-t-il commencé. Nous arrivons dans ce monde de façon naturelle et nous le quittons de façon naturelle. La vie et la mort font partie de la roue de la réincarnation. La mort n'est pas à craindre. Nous attendons ardemment notre prochaine vie. Quand un feu de branches de mûrier brûle pour le rite, il déroule une voie à cinq couleurs entre ciel et terre, pour attirer les esprits vers l'autel. Le cadavre devient une offrande aux esprits et nous les invoquons pour qu'ils emportent l'âme au ciel. La fumée attire les aigles, les vautours et autres animaux de proie sacrés, qui se nourrissent du cadavre. Ce rite se perpétue en imitation du Bouddha Sakyamuni, qui s'est offert en sacrifice aux tigres.

Extrait

CHINOISES - XINRAN

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!
Résumé

Un dicton chinois prétend que " dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix ". Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d'entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d'elles-mêmes. Epouses de hauts dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie... Mais elles parlent aussi d'amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste. Un livre bouleversant, " décapant, à lire de toute urgence pour voir l'importance du trajet que la femme chinoise a dû et doit encore accomplir " (Diane de Margerie, Le Figaro littéraire).

Je fais partie de ceux qui sont forts face aux autres, une soi-disant citadelle d'après les autres femmes, mais quand je me retrouve seule, je pleure toute la nuit : pour ma fille, mon mari, mon fils, et pour moi-même. Certaines personnes disent que le temps guérit tout, mais il ne m'a pas guérie, moi.

Extrait

[...] Ce matin-là, avant l'aube, j'ai été réveillée par un bruit étrange, un grondement et un sifflement, comme si un train était entré dans notre maison. [...] Tout est arrivé si vite. Je me suis traînée face au trou béant qui avait été l'autre moitié de ma maison. Mon mari et mes enfants s'étaient évanouis sous mes yeux. [...]
Cela fait presque vingt ans maintenant, mais presque tous les jours à l'aube, j'entends un train qui gronde et qui siffle, et les cris de mes enfants. Parfois je suis si effrayée par ces sons que je me mets au lit très tôt et je glisse un réveil sous mon oreiller pour me réveiller avant. Quand il sonne, je m'assieds jusqu'à ce qu'il fasse jour, parfois je me rendors après quatre heures. Mais au bout de quelques jours de ce traitement, j'ai envie d'entendre ces bruits de cauchemar de nouveau, parce que j'y entends aussi les voix de mes enfants.

Extrait

MEMOIRE DE CHINE - XINRAN

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!
Résumé

Mémoire de Chine est la confession d'une génération dont l'histoire n'a jamais été racontée. Grands-parents et arrière-grands-parents décrivent avec leurs propres mots - pour la première et peut-être la dernière fois - les transformations qui ont définitivement changé la Chine au cours du siècle passé. Ce livre est à la fois un voyage à travers le temps et l'espace, et un mémorial dressé à ceux qui ont vécu guerres, insurrections, persécution, invasions, révolutions, famines, modernisation, occidentalisation, et qui ont survécu pour entrer dans le XXIe siècle. Xinran a parcouru toute la Chine, des métropoles aux provinces les plus reculées. Elle a rencontré une génération chez qui l'idée de culpabilité collective est très profondément ancrée, et pour qui la liberté d'expression est un étrange et dangereux concept. Ils ont parlé de leurs vies, leurs espoirs, leurs peurs et leurs luttes, de ce qu'ils ont vu et ressenti à propos de tous les événements auxquels ils ont assisté - de la Longue Marche à la construction des pipelines, de la réforme agraire à la médecine populaire, de Mao au mariage. En donnant voix à une génération oubliée, ce livre révèle l'histoire secrète de la Chine et de son peuple. Comme le dit Xinran, il a pour but " d'aider notre futur à comprendre notre passé ". Car " je refuse de croire que les Chinois emportent dans leur tombe la vérité de ce que fut leur vie ".

Notre inclination à vouloir juger d'autres sociétés selon nos propres critères peut ainsi nous conduire à punir des innocents.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

LA CENDRILLON DU CANAL - Liu XINWU

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain chinois

Résumé

Caimei, parce qu'elle souffre d'une tumeur qui la défigure, vient de perdre son emploi de servante. Lombric, papi Dong, Bottes-de-cheval et Shunshun pourront-ils l'aider à réunir la somme exorbitante nécessaire pour son opération ?

Une femme reconnaît dans le chauffeur de taxi qui la conduit à l'aéroport l'homme qu'elle a aimé vingt ans plus tôt pendant la Révolution culturelle. Le temps du trajet, entre frustration et nostalgie, elle se rappelle.

Deux émouvants portraits de femmes par l'un des grands écrivains chinois contemporains.

Caimei est notre femme de ménage... Elle m'appelle madame... mais pas au sens de Monsieur ou Madame... Elle a eu dix-huit ans cette année ; sa mère l'a eu à seize ans, et n'a que trente-quatre ans... Sa grand-mère a seulement cinquante et un ans... (…) En termes de générations, je suis de la génération au-dessus de sa grand-mère... Il y a des endroits où l'on dit mamie, d'autres où l'on dit madame... je préfère qu'elle m'appelle madame...

Extrait

Dans les familles paysannes comme la sienne, les jeunes femmes célibataires devaient, depuis des générations, travailler pour la maison de leurs frères. C'était un devoir sacré. Une fois mariées, c'était naturellement aux frères de se débrouiller, elles n'avaient plus lieu de s'en occuper.

Extrait

Les gens associent souvent le crépuscule à la couleur des roses ou à des teintes approchantes, or le soleil couchant en cette fin d'après-midi était de toute évidence vert, vert clair, un vert pâle, tendre comme les pousses des feuilles à peine écloses, frémissantes au début du printemps, un vert clair et translucide...

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

BALZAC ET LA PETITE TAILLEUSE CHINOIS - DAI Sijie

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain chinois

Résumé

En 1971, comme des millions d'autres jeunes citadins chinois, le narrateur et son ami Luo sont envoyés sur une haute montagne isolée voisine du Tibet, où ils seront "éduqués" par les paysans. Les adolescents ont trois chances sur mille de revenir un jour dans leur ville natale. Dans le village voisin, un autre jeune de la ville cache scrupuleusement une valise remplie de livres interdits : Balzac, Flaubert, Hugo, Kipling, Emily Brontë, Rousseau, Dostoïevski... Grâce à ces trésors, la ravissante petite tailleuse, jeune fille convoitée par tous, ne sera plus jamais la même. Écrit avec un accent de vérité confondant, un roman fort qui, tout en nous plongeant dans la Chine communiste, raconte une belle histoire d'amitié et d'amour, auréolée de la magie de la littérature.

Je décidai de copier mot a mot mes passages préférés d'Ursule. C'était la première fois de ma vie que j'avais envie de recopier un livre. Je cherchai du papier partout dans la chambre, mais ne pus trouver que quelques feuilles de papier à lettres, destinées a écrire a nos parents.

Je choisis alors de copier le texte directement sur la peau de mouton de ma veste. Celle-ci, que les villageois m'avaient offerte lors de mon arrivée, présentait un pêle-mêle de poils de mouton, tantôt longs, tantôt courts, à l'extérieur, et une peau nue à l'intérieur. Je passai un long moment à choisir le texte, à cause de la superficie limitée de ma veste, dont a peau, par endroits, était abîmée, crevassée. Je recopiai le chapitre où Ursule voyage en somnambule. J'aurais voulu être comme elle : pouvoir, endormi sur mon lit, voir ce que ma mère faisait dans notre appartement, à cinq cents kilomètres de distance, assister au dîner de mes parents, observer leurs attitudes, les détails de leur repas, la couleur de leurs assiettes, sentir l'odeur de leurs plats, les entendre converser...

Extrait

Durant tout le mois de septembre, après notre cambriolage réussi, nous fûmes tentés, envahis, conquis par le mystère du monde extérieur, surtout celui de la femme, de l'amour, du sexe, que les écrivains occidentaux nous révélaient jour après jour, page après page, livre après livre. Nonseulement le Binoclard était parti sans oser nous dénoncer mais , par chance, le chef de notre village était allé à la ville de Yong Jing, pour assister à un congrès des communistes du district. Profitant de cette vacance du pouvoir politique, et de la discrète anarchie qui régnait momentanément dans le village, nous refusâmes d'aller travailer aux champs, ce dont les villageois, ex-cultivateurs d'opium reconvertis en gardiens de nos âmes, se fichèrent complètement. Je passai ainsi mes journées, ma porte plus hermétiquement verrouillée que jamais, avec des romans occidentaux. Je laissai de côté les Balzac, passion exclusive de Luo, et tombai tour à tour amoureux, avec la frivolité et le sérieux de mes dix-neuf ans, de Flaubert, de Gogol, de Melville, et même de Romain Rolland.

Extrait

Souvent, après minuit, on éteignait la lampe à pétrole dans notre maison sur pilotis, et on s'allongeait chacun sur son lit pour fumer dans le noir. Des titres de livres fusaient de nos bouches, il y avait dans ces noms des mondes inconnus, quelque chose de mystérieux et d'exquis dans la résonance des mots, dans l'ordre des caractères, à la manière de l'encens tibétain, dont il suffisait de prononcer le nom, « Zang Xiang », pour sentir le parfum doux et raffiné, pour voir les bâtons aromatiques se mettre à transpirer, à se couvrir de véritables gouttes de sueur qui, sous le reflet des lampes, ressemblaient à des gouttes d'or liquide.
- Tu as déjà a entendu parler de la littérature occidentale? me demanda un jour Luo.
- Pas trop. Tu sais que mes parents ne s'intéressent qu'à leur boulot. En dehors de la médecine, ils ne connaissent pas grand-chose.
- C'est pareil pour les miens. Mais ma tante avait quelques bouquins étrangers traduits en chinois, avant la Révolution culturelle. Je me souviens qu'elle m'avait lu quelques passages d'un livre qui s'appelait Don Quichotte, l'histoire d'un vieux chevalier assez marrant.
- Et maintenant où ils sont, ces livres?
- Partis en fumée. Ils ont été confisqués par les Gardes rouges, qui les ont brûlés en public, sans aucune pitié, juste en bas de son immeuble.

Extrait

" Ba-er-za-ke". Traduit en chinois, le nom de l' auteur français (Balzac) formait un mot de quatre idéogrammes. Quelle magie que la traduction ! Soudain, la lourdeur des deux premières syllabes, la résonance guerrière et agressive dotée de ringardise de ce nom disparaissaient. Ces quatre caractères, très élégants, dont chacun se composait de peu de traits, s' assemblaient pour former une beauté inhabituelle, de laquelle émanait une saveur exotique, sensuelle, généreuse comme le parfum envoûtant d' un alcool conservé depuis des siècles dans une cave.

Extrait

Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. À l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts: à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë... - Quel éblouissement! - Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara : Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

LES ANNEES DOUCES - Hiromi KAWAKAMI

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivaine japonaise

Résumé

Tsukiko croise par hasard, dans le café où elle va boire un verre tous les soirs après son travail, son ancien professeur de japonais. Et c'est insensiblement, presque à leur cœur défendant, qu'au fil des rencontres les liens se resserrent entre eux. La cueillette des champignons. Les poussins achetés au marché. La fête des fleurs. Les vingt-deux étoiles d'une nuit d'automne... Ces histoires sont tellement simples qu'il est difficile de dire pourquoi on ne peut les quitter. Peut-être est-ce l'air du bonheur qu'on y respire, celui des choses non pas ordinaires, mais si ténues qu'elles se volatilisent quand on essaie de les toucher. Ce livre agit comme un charme, il capte en plein vol la douceur de la vie avant qu'elle ne s'enfuie.

" Le récit passe comme un vent tiède à travers une moustiquaire. Il y a là comme l'incantation d'une ritournelle. Une marelle. On saute du ciel à la terre, à cloche-pied, un verre de saké à la main ; le cœur meurtri cependant, à la fin, baigné de tant d'espoirs. "

François Simon, Le Figaro littéraire.

" Un livre d'une délicatesse à couper le souffle. "

Christine Ferniot, Télérama.

Si c'était un grand amour, il était primordial d'en prendre soin, comme d'une plante à qui on donne de l'engrais ou qu'on protège de la neige. S'il s'agissait d'une autre espèce d'amour, inutile de s'inquiéter, il suffisait de le négliger en attendant qu'il se dessèche. C'est ce que ma grand-tante se plaisait à dire, comme elle aurait énoncé une évidence.

Extrait

Moi qui croyais que nous étions complémentaires, à la manière de ces marmites fêlées qui trouvent quand même le couvercle qui leur convient ! Il faut croire que je n'étais pas le couvercle qu'il fallait ...

Extrait

Depuis quand le maître et moi étions devenus si proche l'un de l'autre? ... Quand au juste, je ne sais, en m'approchant de lui, j'en suis venue à sentir la chaleur qui émanait de son corps. Par-delà la chemise empesée, m'arrivait une odeur qui était la sienne. Une sensation de nostalgie. Cette présence que je devinais avait la forme du maître. Une présence virile, mais tendre. Elle s'échappe quand je cherche à la saisir. La croit-on échappée qu'elle se rapproche d'elle-même.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

LES JOURS, LES MOIS, LES ANNEES - YAN Lianke

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

Ecrivain chinois

Résumé

Une terrible sécheresse contraint la population d'un petit village de montagne à fuir vers des contrées plus clémentes. Incapable de marcher des jours durant, un vieil homme demeure, en compagnie d'un chien aveugle, à veiller sur un unique pied de maïs. Dès lors, pour l'aïeul comme pour la bête, chaque jour vécu sera une victoire sur la mort. Ce livre est d'une force et d'une beauté à la mesure du paysage aride, de cette plaine couronnée de montagnes dénudées où flamboie un soleil omniprésent. Le roman de Yan Lianke est un hymne à la vie. La fragilité et la puissance de la vie, et la volonté obstinée de l'homme de la faire germer, de l'entretenir, d'en assurer la transmission. C'est un acte de foi, aux confins du conte et du chant, à la langue entêtante, comme jaillie de la nuit des temps ou des profondeurs les plus intimes de l'être.

(...) laisse-moi vivre encore jusqu’à ce que le maïs soit mûr, c’est pour lui que je suis resté, tu dois me laisser vivre jusqu’à la récolte. Alors laisse-moi vivre encore, jusqu’à ce que la pluie tombe, jusqu’à ce que les villageois reviennent, que je puisse leur donner l’épi de maïs.

Extrait

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

UN MOMENT A PEKIN - LIN Yutan

Ecrivain chinois

ENFANCES CHINOISES - Tome 1

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!
Résumé

Ce livre a le charme des grandes fresques romanesques, où la toile de fond historique alimente les péripéties de clans familiaux. Il a aussi l'attrait plus subtil de ces romans qui, à petits points, savent restituer le dessin sensible d'une époque et nous font pénétrer dans l'intimité des désirs et des émotions qui sous-tendent les comportements. Nous sommes en 1900 : chassé par les troubles de la révolte des Boxers, M. Yao, riche commerçant, épris de taoïsme et de libre pensée, quitte Pékin avec femme, enfants et serviteurs. Au cours du voyage, Moulane, sa deuxième fille âgée de dix ans, disparaît, enlevée par des voleurs d'enfants. Ainsi débute l'histoire de la famille Yao, liée à celle de M. Tseng, un confucianiste à l'ancienne mode. Relations entre générations, de maîtresses à servantes, amours interdites et mariages de raison, le lecteur se laisse emporter par la destinée de ces familles à un moment où l'ancienne Chine bascule vers la modernité. Lin Yutang, qui souhaitait tant faire connaître la vie et la culture de ses compatriotes aux Occidentaux, choisit ce moment clé du passage de la tradition aux idées nouvelles : mais en dépit des conflits, son roman, centré sur les femmes, respire un optimisme et un bonheur de vivre qui le rendent très attachant.

LE TRIOMPHE DE LA VIE - Tome 2

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!
Résumé

Après Enfances chinoises, voici le deuxième tome d'Un moment à Pékin, considéré par la critique comme le meilleur roman de Lin Yutang. Et si l'écrivain a choisi de déployer une vaste fresque romanesque à travers l'histoire entrelacée de clans familiaux, c'est que la famille est " le miroir où se réfléchit ce qui se trame dans la société tout entière ". Rien n'est plus vrai en ce moment clé du début du XXe siècle, où le destin de la Chine bascule. Les événements s'accélèrent, allant de la chute du régime mandchou à l'invasion japonaise, et personne ne peut échapper aux remous de l'histoire, ni aux choix qui s'imposent. S'enrichir par le trafic de l'opium, s'enthousiasmer pour les idées nouvelles, rejoindre les manifestations étudiantes malgré la sanglante répression, affronter les changements et, encore et toujours, aimer, croire en l'homme et en sa capacité de défendre sa liberté et ses rêves. Car, ainsi que le découvre Moulane au milieu des privations et des souffrances des réfugiés, " il n'existe pas de catastrophe si grande que l'esprit humain ne puisse s'élever au-dessus d'elle, et, par son ampleur même, la transformer en quelque chose de grand et de radieux ".

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

LE ROMAN DE LA CITE INTERDITE - Jirô ASADA

Ecrivain japonais

LE MANDA DU CIEL - Tome 1

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!
Résumé

Plus de dix ans ont passé. Liang Wen-sieou occupe maintenant un poste élevé au service du jeune empereur et a épousé la fille du ministre Yang. Il mène le parti des réformistes ouvert aux idées occidentales. Li Tchouen-yun, devenu l'eunuque favori de l'impératrice Tseu-hi, appartient à la faction opposée, celle des conservateurs. Et tandis que l'empire - dragon bicéphale - se déchire dans les luttes de pouvoir, les puissances occidentales dépècent le pays. Dans le second volet de sa fresque historique, Asada Jirô noue les fils du destin de ses personnages, étroitement mêlés aux convulsions d'où émergera la Chine moderne. Mais au temps de l'histoire s'en superpose un autre, la sereine éternité d'un ciel plus bleu que l'azur, peint par un artiste vénitien au service de Dieu...

LE DRAGON A DEUX TÊTES - Tome 2

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!
Résumé

Plus de dix ans ont passé. Liang Wen-sieou occupe maintenant un poste élevé au service du jeune empereur et a épousé la fille du ministre Yang. Il mène le parti des réformistes ouvert aux idées occidentales. Li Tchouen-yun, devenu l'eunuque favori de l'impératrice Tseu-hi, appartient à la faction opposée, celle des conservateurs. Et tandis que l'empire - dragon bicéphale - se déchire dans les luttes de pouvoir, les puissances occidentales dépècent le pays. Dans le second volet de sa fresque historique, Asada Jirô noue les fils du destin de ses personnages, étroitement mêlés aux convulsions d'où émergera la Chine moderne. Mais au temps de l'histoire s'en superpose un autre, la sereine éternité d'un ciel plus bleu que l'azur, peint par un artiste vénitien au service de Dieu..

ET SI ON SE METTAIT A L'HEURE ASIATIQUE!

CI-DESSOUS, VOICI LES LIENS DES EXTRAITS DE CERTAINS LIVRES PRESENTES SI DESSUS :

POUR CONNAITRE UN PEU PLUS DE LA LITTERATURE ASIATIQUE VOICI QUELQUES LIENS CI-DESSOUS :

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